oct
22
2010

Chronique du livre : The Millionaire Next Door

Votre avis compte pour moi :

Traduction : Mon voisin millionnaire ou Le millionnaire d’à côté

Au sein de la population de livres qui traitent des finances personnelles, il y a les livres qui vous expliquent comment devenir riche et il y a The Millionaire Next Door . C’est un livre à part. Il a été rédigé à la suite de plusieurs années de recherche, et à l’aide de statistiques officielles et d’études de cas. Tout y est donc factuel : de la gestion quotidienne des comptes au pourcentage d’épargne consacré par les millionnaires à leurs investissements. Plus qu’un simple livre sur les « riches », The Millionaire Next Door est donc une véritable étude socio-psychologique du millionnaire américain moyen.l

The millionaire next door

Thomas J. Stanley, William D. Danko, 1996, 272 pages

[MFMD] : Il s’agit du premier livre que je résume dans le cadre des 7 étapes du Mode D’emploi et il est sûrement l’un des plus importants pour votre éducation financière. Ne serait-ce que parce qu’il bat en brèche bon nombre d’idées reçues sur la gestion de votre argent. Bonne lecture!

Extrait choisi :

Le portrait type du millionnaire moyen est le suivant : il est chef d’entreprise et a vécu toute sa vie d’adulte dans la même ville. Il s’est marié une fois dans sa vie et l’est resté. Il économise son argent de manière compulsive et investit. Il s’est fait tout seul.

Préambule :

Les 3 points essentiels à retenir de la lecture de ce livre sont :

  1. La richesse est ce que vous accumulez et non ce que vous dépensez. Si vous avez de hauts revenus mais que vous dépensez tout, vous ne serez jamais riche ;
  2. La richesse est le plus souvent le résultat d’un style de vie de travail dur, de persévérance, d’organisation et par-dessus tout d’auto-discipline. Même des gens « ordinaires » peuvent devenir riches ;
  3. La plupart des millionnaires américains ne le sont pas par héritage. 80 % d’entre eux ont accumulé leur richesse en une génération, lentement mais fermement.

Au cours de leur étude, Thomas J. Stanley et William D. Danko ont déterminé 7 facteurs communs aux millionnaires américains :

  1. Ils vivent bien en dessous de leurs moyens ;
  2. Ils consacrent efficacement leur temps, leur énergie et leur argent de façon à construire leur fortune ;
  3. Ils croient que l’indépendance financière est plus importante que d’afficher un haut statut social ;
  4. Leurs parents ne les ont pas aidés financièrement ;
  5. Leurs enfants adultes sont autonomes financièrement ;
  6. Ils savent saisir les opportunités;
  7. Ils choisissent la profession qui leur correspond.

Ce sont ces 7 facteurs qui structurent les chapitres du livre.

——————————-

Introduction

The Millionaire Next Door donne dans un premier temps deux définitions essentielles de la richesse.

Définition nominale

Les auteurs considèrent la somme de 1  million de dollars (différence entre l’actif et le passif d’une personne) comme le seuil de la richesse.

Au vu de cette définition, seuls 3,5 millions des 100 millions ménages en Amérique sont considérés comme étant riches. Environ 95 % des millionnaires en Amérique ont une fortune entre 1 et 10 millions de dollars.

C’est parce que ce niveau de richesse peut être atteint en une génération et par beaucoup d’américains que les co-auteurs ont décidé de la retenir.

Autre définition

Ce n’est pas tant le seuil de richesse cumulée qui compte, mais votre capacité à accumuler de la richesse en fonction de votre revenu annuel avant impôt.

Thomas J. Stanley et William D. Danko distinguent 3 catégories d’individus :

  1. les PAW (Prodigious Accumulator of Wealth) qui accumulent beaucoup de richesse ;
  2. les UAW (Under Accumulator of Wealth) qui accumulent peu de richesse (et donc dépensent tout) ;
  3. les AAW (Average Accumulator of Wealth) qui accumulent un niveau moyen de richesse.

Pour savoir dans quelle catégorie vous vous situez, utilisez la formule suivante (sans inclure vos héritages) :

Seuil de richesse =   [revenu total annuel réalisé (avant impôt) x votre âge] / 10

Le résultat correspond à ce que devrait être le montant net de votre fortune. Par exemple, un individu de 41 ans qui touche un revenu de $560.000 et détient une fortune personnelle de $1.100.000 n’est pas considéré comme riche. Suivant la formule, il devrait être à 560.000 * 41 = $3.416.000 de fortune personnelle. Il appartient à la catégorie UAW. Tout est fonction de niveau de vie à maintenir.

[MFMD] : Attention, cet outil ne me semble vraiment pertinent que si vous l’utilisez après quelques années de travail. Vous pouvez également vous en servir pour fixer votre objectif de richesses escompté à moyen terme.

Vous et vos ancêtres

Si vous êtes persuadés que les millionnaires sont tous nés avec une cuillère dans la bouche, les statistiques suivantes devraient vous intéresser :

  1. Plus de la moitié d’entre-eux n’ont pas reçu plus d’un dollar en héritage ;
  2. 91% d’entre-eux n’ont pas reçu plus d’un dollar en cadeau de la possession d’un business familial ;
  3. Plus de la moitié n’ont reçu aucune bourse de leur famille pour payer leurs études.

En termes d’origines, le groupe de population de descendance anglaise ne présente pas  la plus haute concentration de ménages millionnaires aux Etats-Unis. Arrive en 1er le groupe de descendance Russe (transmission de l’esprit d’entreprise de génération en génération) puis celui des Ecossais (transmission de génération en génération des valeurs d’économie et de discipline), et en 3ème position celui des Hongrois.

Cela s’explique sans doute par le fait que de nombreux immigrants de l’Est devenus riches n’ont pas imité le mode de vie des consommateurs américains.

I. ECONOME, ECONOME, ECONOME

1. Ils vivent en dessous de leurs moyens.

Deux définitions importantes à prendre en compte :

Frugal/Économe : comportement qui considère l’économie comme une utilisation de ressources ;

Dépensier : style de vie marqué par une hyperconsommation et des dépenses irréfléchies.

La frugalité est la base de l’enrichissement. Les millionnaires ne sont pas de grands dépensiers et ignorent  la consommation ostentatoire.

Quelques chiffres pour illustrer le comportement des millionnaires en matière d’achats :

  1. 50% d’entre-eux n’ont jamais dépensé plus de $399 pour un costume (300€) et 75% plus de $599 (450€) ;
  2. 50% d’entre-eux n’ont jamais dépensé plus de $140 (110€) pour une paire de chaussures et 75% plus de $199 (150€) ;
  3. 50% d’entre-eux n’ont jamais dépensé plus de $235 (180€) pour une montre et 75% plus de $1125 (870€).

Beaucoup d’américains qui ont des revenus à 6 chiffres ne seront jamais millionnaires. Le niveau de vie qu’ils choisissent d’afficher nécessite un niveau de dépenses qui les empêche d’accumuler suffisamment de richesse.

L’une des recettes les plus importantes des millionnaires pour acquérir leur statut est la suivante :

Ils deviennent millionnaires en budgétant (ils savent combien ils dépensent chaque année pour la nourriture, les habits, etc…) et en contrôlant leurs dépenses. Une fois millionnaires, ils maintiennent leur train de vie de la même façon.

Les dépenses quotidiennes

Le millionnaire américain budgète et tient une comptabilité pour l’ensemble de ses dépenses, à commencer par les dépenses quotidiennes telles que les habits et la nourriture. Ce dernier est en effet persuadé que la gestion de son entreprise s’applique de la même manière à ses finances personnelles.

Les cartes de crédit

Comme la plupart des foyers américains, les millionnaires américains possèdent une MasterCard et une carte Visa. Et c’est déjà bien assez !

Les objectifs de vie

Les gens qui atteignent l’indépendance financière ont une capacité supérieure à la moyenne à visualiser les bénéfices futurs liés à la définition de leurs objectifs. Sont-ils pour autant heureux ? Personne ne sait, mais ce qui est sûr, c’est que :

Les personnes indépendantes financièrement sont plus heureuses que la moyenne des personnes dans la même catégorie de revenu et d’âge qui ne sont pas en sécurité financièrement.

66% des millionnaires interrogés dans l’étude accordent beaucoup de leur temps libre à la planification de leur futur financier et investissent énormément de temps dans leur éducation financière (investissements, protection, etc.)

Par opposition, le plan financier des UAW se résume à dépenser tout ce qu’ils touchent. Ils achètent souvent à crédit ou dans le meilleur des cas économisent pour financer leurs dépenses. Ils ne détiennent pas de titre et leurs parents n’ont jamais rien investi. Généralement, l’UAW type est un consommateur compulsif. L’accumulation de richesse n’est pas une source de motivation pour lui. Le principal message inconscient qui le guide dans son choix en matière d’argent est le suivant :

On gagne de l’argent pour en dépenser. Si l’on a besoin de plus dépenser, alors il faut gagner plus.

Un autre adage est caractéristique des millionnaires par opposition aux UAW qui gagnent de hauts revenus :

Pour construire de la richesse, il faut minimiser le revenu réalisé imposable  et maximiser votre revenu non réalisé (appréciation de richesse/de capital sans génération de cash flow).

Tout simplement parce que l’impôt sur le revenu représente bien souvent pour les ménages la dépense la plus importante de l’année.

L’environnement compte également énormément dans la perspective de votre enrichissement futur. L’une des règles à suivre pour l’achat de votre résidence principale est la suivante :

Si vous n’êtes pas riche, mais que vous comptez le devenir un jour, n’achetez jamais une résidence qui nécessite d’emprunter plus de deux fois le revenu total annuel du foyer.

Il est donc plus facile de devenir riche si vous ne vivez pas dans un entourage de haut niveau social.

Le temps c'est de l'argent - The Millionaire Next Door

II. TEMPS, ENERGIE ET ARGENT

2. Ils consacrent efficacement leur temps, leur énergie et leur argent de façon à construire leur fortune.

L’efficacité et le suivi régulier sont les maîtres mots en matière d’accumulation de richesse.

Les PAW consacrent deux fois plus de temps par mois à la planification de leurs investissements que ne le font les UAW.

L’un des meilleurs conseils que l’on puisse donner à quiconque est de commencer à investir très tôt dans sa vie d’adulte.

De même, seuls les clients considérablement riches veulent savoir exactement combien dépense leur famille dans chaque catégorie de dépense.

En revanche, les PAW sont beaucoup moins regardants dès lors qu’il s’agit de payer pour des services financiers de qualité. En moyenne, ils allouent environ 15% de leur revenu annuel avant impôt à l’investissement.

La gestion du temps diffère également selon que l’on se trouve dans la catégorie des UAW ou des PAW. Il existe une relation inverse entre le temps consacré à l’achat de produits de luxe comme les voitures ou les habits et le temps passé à planifier et définir ses objectifs financiers futurs.

95% des millionnaires possèdent des actions. Ce sont des investisseurs de moyen et long terme. Seulement 9% d’entre-eux gardent leurs actions moins d’un mois, 20% une année ou deux en moyenne, 25% entre 2 et 4 années et 13% 4 à 6 ans.

En outre, il est essentiel de développer ses compétences en recrutement pour choisir son conseiller financier. Les critères des millionnaires sont les suivants :

- de multiples références,

- un diplôme officiel,

- une vérification de crédit,

- plusieurs interviews,

- avoir complété une candidature détaillée pour le job,

- des documents attestant de la capacité du candidat à réaliser les tâches demandées.

Votre propension à accumuler de la richesse est directement corrélée à la votre capacité à recruter des conseillers financiers de haut vol !

[MFMD] : Envie de savoir si le millionnaire américain roule en Ferrari et possède une start-up? Retrouvez la fin de cette chronique Mardi 26 octobre! :-)

7 Commentaires + Ajouter un Commentaire

  • Sur le point « L’argent fait-il » le bonheur, l’article suivant me semble très intéressant :

    http://www.rue89.com/2010/10/11/largent-fait-le-bonheur-mais-a-partir-de-combien-deuros-170520

    En résumé : la perception de bien-être augmente proportionnellement au revenu jusqu’à un niveau de 75.000 $ par ménage et par an, puis a tendance à stagner.
    L’indépendance financière se situe-t-elle à ce niveau ?!

  • Salut Yoann,

    Merci beaucoup pour ton commentaire.

    Cet article est effectivement très intéressant et a le mérite de pointer le doigt sur le fait qu’enrichissement doit rimer avec épanouissement. Le millionnaire américain moyen l’a bien compris, lui qui ne changerait pas son mode de vie pour un autre. Il est heureux comme il l’est et il le restera.

    En réalité, l’indépendance financière* est une notion plus personnelle et plus ciblée que le seuil des $75.000 évoqué par l’étude. Pour faire simple, elle n’est pas si éloignée de la notion de rentier. L’individu indépendant financièrement peut continuer à travailler s’il le souhaite, mais il n’est plus dépendant de son travail comme source de revenu principale.

    L’indépendance financière est fonction de multiples critères qui différent selon les individus. Si un individu estime, en fonction des objectifs de vie qu’il s’est fixés, que son indépendance sera atteinte avec un revenu annuel de 60.000 € alors le seuil de l’indépendance financière est à ce niveau pour cet individu. Il n’y a donc pas de seuil objectif mais un seuil propre à chaque individu.

    En revanche, si les conclusions de l’étude se confirment, alors, en effet, pourquoi ne pas se fixer $75.000 (environ 55.000€) comme seuil d’indépendance financière?

    C’est une question ouverte… :-)

    ————————————————————————————————————————-
    *l’indépendance financière consiste en la possibilité pour un individu de vivre selon ses aspirations grâce aux revenus générés par ses actifs sans qu’il n’ait besoin de recourir à d’autres formes de revenus (comme le travail par exemple). Soit, pour faire bref : revenus passifs – dépenses > 0

  • […] ne vous rappelle rien ? Pour vous rafraichir la mémoire, vous pouvez consulter mon résumé de The Millionaire Next Door (partie 2). Vous y découvrirez des statistiques passionnantes sur la vie des millionnaires […]

  • « Il est donc plus facile de devenir riche si vous ne vivez pas dans un entourage de haut niveau social. »
    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec ça. Il faut une très grande force de caractère pour s’extraire d’un milieu UAW quand on y est né, un milieu de haut niveau social aura plus de bons réflexes économiques…

    • Salut Simon,

      Merci pour ton commentaire.

      D’une certaine façon, je partage ton avis car la vision de l’argent que nous avons et les réflexes que nous acquérons pour le gérer proviennent directement de notre milieu et de l’éducation que nous avons reçue.

      Cela dit, il est aussi factuel qu’une grosse partie des millionnaires américains ont acquis leur fortune sur une génération (soit à la sueur de leur front et sans héritage). Peut être que les auteurs veulent dire par là que la force de caractère que l’on met en oeuvre pour devenir riche est d’autant plus forte que l’on vient d’un milieu où tout n’est pas acquis au départ ? (peut être aussi que ma traduction prête à confusion sur ce passage)

  • […] The millionaire next door (2ème partie) […]

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