jan
24
2011

Pourquoi vous ne parvenez pas à faire des economies au quotidien (alors que vous savez que vous devriez)

Votre avis compte pour moi :

Il y a quelques mois, pour le début de la coupe du Monde (si j’avais su…), j’ai acheté une TV LED 107 cm. J’aurais pu acheter un plus petit format, ou une TV LCD moins chère. Non, c’était une LED que je voulais. Coût total de l’opération : 1000 €. Pourtant j’avais déjà lu une première fois Tout le monde mérite d’être riche à l’époque et je savais donc que j’aurais mieux fait d’acquérir un actif à la place. Plutôt que de jeter l’argent par les fenêtres, j’aurais pu en gagner juste en respirant.

Bien sûr, 1.000 € ce n’est pas le bout du monde. Mais le raisonnement aurait été exactement le même si j’avais acheté cette magnifique Fiat 500 qui me tendait les bras la semaine dernière… Coût total de l’opération : 15.000 €. Heureusement, ma petite amie a calmé mes ardeurs à temps… :-)

Imaginons un instant que j’achète ce nouveau joujou : 16.000 € partent en fumée (et encore sans compter le coût d’entretien, l’assurance, les frais de réparation le cas échéant, etc.).  Si j’avais placé cette somme à 10% par an dans une SCPI, cela m’aurait rapporté environ 130€ par mois pour le restant de mes jours. Et bien non, j’étais prêt à renoncer à cela pour m’acheter une voiture et un gros écran que je devrais de toute façon remplacer dans moins de 10 ans  : Pourquoi ?

Faire+des+economies+au+quotidien

Pourquoi vous ne parvenez pas à faire des economies au quotidien

Comme c’est le cas pour moi, dépenser de l’argent vous apporte une satisfaction immédiate, un pic émotionnel positif. Les marketeurs l’ont bien compris, eux qui savent mieux que quiconque agir sur vos émotions pour créer en vous le besoin d’acheter ce magnifique téléviseur 3D ou ce téléphone portable dernier cri hors de prix.

Qu’importe la situation de votre trésorerie, c’est votre personnalité qui est en jeu ! Et comme vous le valez bien…

Vous savez quoi ? Laissez tout tomber l’espace d’un instant et réfléchissez-y deux petites minutes. Vous avez acheté un nouveau téléphone ? Non, non, non. Il ne s’agit pas d’un téléphone mais d’un Iphone ou d’un BlackBerry (BB pour les intimes). Rien à voir, désolé. Un nouvel ordinateur portable ? Allons donc ! C’est un « MacBook », tu sors jamais ou quoi ?

Je me souviens encore m’être levé à 6h du matin il y a 2 ans et demi pour me rendre à la boutique France Télécom près de chez moi et ne surtout pas rater l’achat de l’Iphone qui arrivait alors en France. J’ai eu le dernier en stock (quantité limitée oblige). Et bien devinez quoi,  j’avais le sentiment d’être un privilégié. Ca y est j’étais l’heureux propriétaire d’un Iphone ! O joie, béatitude. Je suis devenu quelqu’un, je pourrai parader avec en soirée !

Chaque fois que vous procédez à un acte d’achat émotionnel, vous êtes plus enclin à y faire référence via le nom de la marque. C’est une autre façon pour vous de dire que vous êtes quelqu’un d’important puisque vous avez dépensé beaucoup d’argent pour acheter ce produit.

Voilà pourquoi vous ne parvenez pas à faire des économies. Quand les marketeurs sont passés maîtres dans  l’art de jouer avec vos émotions, les investisseurs, eux, ne se préoccupent que de la rationalité des chiffres. Et cela fait toute la différence.

Comment sortir du piège émotionnel en 3 étapes

1ère étape : L’acceptation

La meilleure façon de changer une habitude ou un comportement est d’accepter que l’on agit de cette façon. Si vous aimez parader au volant de votre décapotable, inutile de le nier ou de vous justifier. De toute façon, tout le monde a déjà dû le remarquer… :-)

Acceptez simplement le fait que vous avez effectué cet achat (et d’autres) pour des raisons « émotionnelles ».

2ème étape : L’identification

Une fois l’étape de l’acceptation franchie, il vous faut désormais identifier quel besoin émotionnel vous avez comblé en réalisant cet achat. Pourquoi avez-vous acheté ce 4×4 de ville plutôt qu’une citadine bien moins chère et plus pratique à conduire ?

C’est sûr, vous trouverez plein de bonnes raisons (ou plutôt justifications). Quand j’ai acheté mon Iphone, je rentrais de Chine, je voulais acheter un appareil photo et un lecteur mp3, mon téléphone était vieux et je n’avais pas de forfait téléphonique. C’était donc l’occasion rêvée ! Sans aucun doute. Mais si je me concentre désormais sur ce que j’ai ressenti après mon achat, je me rends compte que ce qui a réellement motivé mon achat, c’était le besoin de me voir comme un mec cool et branché.

Bien sûr, lorsque l’on prend conscience de ses besoins sous-jacents, on ne se sent pas très bien. Cela peut vous renvoyer une image de vous-même un peu moins reluisante et pointe le doigt sur ce qui manque à votre vie et que vous avez besoin de combler d’une manière ou d’une autre. Ne vous condamnez pas. Ne vous jugez pas. Soyez patient, vous n’êtes qu’au début du processus et la récompense finale en vaut la peine. Croyez-moi.

3ème étape : L’analyse du besoin sous-jacent pour mieux se connaître soi-même

Comme je vous l’ai dit précédemment, ne vous condamnez pas pour votre achat. Inutile de ruminer dans votre coin en vous auto-flagellant. L’objectif n’est pas de vous sentir coupable ou honteux, il est de vous donner des clés pour vous connaître mieux vous-même et ne plus tomber dans le piège émotionnel à l’avenir. Je ne suis pas mécontent de mon Iphone, mais je sais que ce n’est pas un téléphone qui fera de moi un mec cool et branché. A charge pour moi de ne plus retomber dans le piège. :-)

Pourquoi le message « dépensez moins que vous ne gagnez » ne passe pas

Lorsque j’ai publié les résumés de Père Riche, Père Pauvre sur Des Livres Pour Changer De Vie, le blog d’Olivier Roland, et de Start Late, Finish Rich, sur Mes Finances Mode D’emploi, j’ai pu constater que le message du « dépensez moins que vous ne gagnez » ne passe pas pour tout le monde. Je cite :

Économiser toute sa vie et diminuer son niveau de vie, pour tout arrêter à la retraite et profiter de la vie à 65ans, les pieds dans les pantoufles. Ok… Je suis le seul à penser que c’est plutôt naze comme vision de la vie?

Il est vrai que la frugalité si chère à nos spécialistes des finances personnelles ne fait pas franchement rêver.

Lorsque l’on dépense une certaine somme d’argent, ce n’est malheureusement pas à cette somme d’argent que l’on pense mais bien plus à quelque chose du genre « si j’achète cela, alors je serai plus heureux ». Dépenser moins que l’on ne gagne nous rendra peut être heureux plus tard, mais dans un avenir que nous avons du mal à imaginer et qui ne saurait nous satisfaire de la même manière. C’est la raison pour laquelle la vaste majorité de la population est aujourd’hui endettée à mauvais escient, en dépit de la pléthore de livres traitant des finances personnelles.

Une fois que vous avez identifié quels besoins émotionnels vos achats viennent combler, vous avez déjà fait un sacré pas en avant. Il ne vous reste alors plus qu’à déterminer comment vous allez vous y prendre pour économiser et investir en fonction de vos objectifs de vie. En n’oubliant jamais qu’une vie émotionnelle réussie ne rime pas forcément avec dépense, comme elle ne rime pas non plus nécessairement avec frugalité. Travaillez sur vous-même et trouvez votre équilibre. Votre liberté est à ce prix !

Ressources conseillées

  1. Article inspiré et librement adapté du Blog Erica.Biz, version originale : Why you don’t save money even though you know it’s the right thing to do
  2. Article du Blog The Simple Dollar (anglais) : Emotional fulfillment and financial success

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