déc
6
2010

10 secrets pour devenir milliardaire grâce à la Bourse

Votre avis compte pour moi :

Pour gagner en Bourse, vous avez le choix. Soit vous écoutez les prévisions des analystes (et dans ce cas, vous seriez le premier milliardaire de l’histoire à avoir agi ainsi pour bâtir sa fortune) soit vous vous inspirez de ceux qui ont déjà gagné des milliards en Bourse.

Warren Buffett est l’exemple même du self-made man américain qui, parti de zéro, est aujourd’hui à la tête d’une fortune estimée à 47 milliards de dollars. (3ème fortune mondiale selon le dernier classement Forbes). Mais, me direz-vous, comment s’y est-il pris ?

Warren Buffett : portrait succint

Warren Buffett est né en 1930 à Omaha dans le Nebraska. Il est titulaire d’un master en écWarren Buffettonomie obtenu à l’université Columbia. Il s’est marié avec Susan Thompson en 1952, s’est séparé d’elle en 1977 et vit actuellement avec Astrid Menks. Il a 3 enfants et continue de vivre dans la maison d’Omaha qu’il a payée €31.500 en 1957. Cette même année, il a commencé à gérer des portefeuilles boursiers en regroupant son propre argent et celui de sa famille et de ses amis. A partir de 1969, ses performances deviennent exceptionnelles avec  des plus-values de 30% par an en moyenne alors que dans le même temps, le marché plafonne à 10%.

Son maître à penser : Benjamin Graham

La rencontre entre les deux hommes a lieu à l’université de Columbia où Graham enseigne. L’auteur de L’investisseur intelligent et fondateur du courant de pensée de l’investissement dans la valeur est l’homme qui a le plus influencé Warren Buffett pour ses choix d’investissement. Nous publierons dans les prochaines semaines un résumé de L’investisseur intelligent, mais nous pouvons d’ores et déjà vous livrer quelques principes fondamentaux de la méthode :

1. Une action devient intéressante à partir du moment où sa valeur est largement inférieure au prix que l’on paie pour l’acquérir. Le différentiel se nomme la « marge de sécurité ». Par exemple, plus les ratios cours/bénéfices ou cours/valeur d’entreprise sont faibles, plus vous avez de chances de faire une bonne affaire.

2. Ne vous laisser pas influencer par « Monsieur Marché ». Utilisez le marché à votre avantage et ne paniquez pas si celui-ci se retourne avec force. Les soubresauts du marché sont inévitables. A vous d’évaluer correctement vos titres et de vous montrer inflexible dans vos choix d’investissement.

3. Apprenez à aimer et apprivoiser les actions impopulaires. La plupart des investisseurs se tournent vers les entreprises qui ont une forte croissance et délaissent les autres ce qui tend pour certaines à faire chuter leur prix ridiculement bas. Attention toutefois, patience et confiance doivent être votre credo car être « contrarien » signifie qu’il faut agir à l’opposé du marché. Apprenez à maîtriser vos émotions !

Les 10 secrets du milliardaire

La philosophie d’investissement de Warren Buffett s’inspire grandement des enseignements de Benjamin Graham mais aussi de son expérience personnelle des marchés financiers. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela lui a plutôt bien réussi !

Voici donc, comme promis, les 10 meilleurs secrets de Warren Buffett pour investir en Bourse :

1. Le Business Model de l’entreprise qui vous intéresse doit être simple et compréhensible. Si vous ne comprenez pas ce que fait l’entreprise et comment elle le vend, il sera sans doute difficile pour vous d’investir à bon escient. Warren Buffett lui-même a toujours refusé d’investir dans les nouvelles technologies car il ne comprenait leur business.

Nous avons pris le XXIe siècle à bras-le-corps, en investissant dans des métiers d’avant-garde, comme la brique, les tapis, l’isolation et la peinture.

2. L’entreprise doit avoir des perspectives de long terme favorables. Dans ce cas, même si l’entreprise se fait chahuter en Bourse au moment de votre achat, le marché se rendra compte tôt ou tard de son erreur et vous empocherez le pactole. Il convient également, dans votre intérêt, de surveiller le bienfondé des décisions prises par les dirigeants et le respect qu’ils accordent aux actionnaires.

3. L’entreprise doit avoir un historique de performances qui joue en sa faveur. Si nous sommes persuadés que les performances passées d’une entreprise ne préjugent en rien de ses performances futures, nous pensons néanmoins comme Warren Buffett que vous avez moins de chance de tomber sur un mauvais investissement si vous faites d’abord le tri entre les entreprises qui ont été performantes et celles qui n’ont jamais été régulières. Il arrive parfois que la chute du cours d’une action soit véritablement justifiée…

4. L’entreprise doit disposer d’avantages concurrentiels durables. Est-elle protégée par des barrières à l’entrée difficilement franchissables par un nouvel entrant ? Ce qu’il importe de valider ici, c’est avant tout la capacité de l’entreprise à lutter avec ses concurrents. Les perspectives de son secteur sont sans doute à prendre en compte dans le choix d’investissement (encore que…), mais il faut surtout accorder de l’importance à sa compétitivité. Pour faire dans la métaphore alimentaire, peu importe la taille du gâteau, c’est la capacité à prendre des parts qui compte.

5. Vous devez analyser en profondeur les bilans des entreprises dans lesquelles vous investissez. Et pour cela, rien de tel que de vous formez à la comptabilité et à l’analyse financière. Vous pouvez également lire des livres comme How to Use Financial Statements dont je publierai un résumé sur le Blog  dans quelques semaines. Investir dans la valeur prend du temps, mais quand il s’agit de son propre argent, vous conviendrez qu’il convient d’être prudent.

6. Vous ne devez pas diversifier vos investissements. C’est à ce moment-là généralement que l’on perd une partie de l’auditoire :-). Et oui, contrairement aux principes de base que l’on enseigne en matière de gestion de portefeuille, Warren Buffett estime que la diversification est avant tout une assurance contre l’ignorance. Et il a sans doute raison. A quoi bon passer des heures et des heures à éplucher les bilans des entreprises dans lesquelles vous souhaitez investir, si c’est ensuite pour ne plus leur faire confiance ? La concentration doit être la règle.

Achetez des choses que vous serez parfaitement heureux de posséder, si le marché s’effondre pendant 10 ans.

7. Vous devez acheter vos actions à des prix raisonnables. Ce précepte reprend l’idée de la marge de sécurité de Benjamin Graham. Rappelez-vous que la Bourse est un marché sur lequel s’exerce la loi de l’offre et de la demande. Si vous achetez une action à un prix trop haut, il vous sera difficile même si l’entreprise est performante de rentabiliser votre investissement. Reprenons notre métaphore alimentaire. Si vous vous rendez au marché samedi matin et que l’on vous propose un magnifique saumon sauvage péché en pleine mer garanti sans arrête à 100€ le kilo, vous l’achetez ? Je suppose que non. Et bien en Bourse, c’est pareil.

8. Vous ne devez pas miser sur une entreprise parce qu’elle a à sa tête un gestionnaire de génie. C’est plutôt bête à dire, mais si ce gestionnaire démissionne ou meurt, vous ne savez comment l’entreprise va être gérée par la suite. Vous me direz que le même risque existe pour tout type d’entreprise. Certes, mais la probabilité que l’entreprise maintienne son rythme de croisière est plus forte si celle-ci croît pour des raisons intrinsèques. Un management de qualité oui. Un gourou aux commandes d’un vaisseau poubelle non. Le bijou, c’est l’entreprise, pas le dirigeant.

9. Évitez autant que faire se peut les secteurs trop réglementés. On a vu que l’un des critères fondamentaux était de miser sur les entreprises dont les revenus sont récurrents et prévisibles (perspectives de long terme favorables). Si demain, le chiffre d’affaires de l’entreprise peut être divisé par deux du fait d’une modification de la réglementation de son marché, abstenez-vous !

10. Faites confiance à votre instinct. Si vous ne « sentez » pas une action, ne l’achetez pas même si tous vos indicateurs sont au vert. Si elle vous fait perdre de l’argent, vous vous en voudrez d’autant plus. Si elle vous fait gagner, vous garderez un arrière goût amère. Soignez votre auto-satisfaction, c’est elle qui vous permettra de rebondir en cas d’échec !

Votre avis

Vous avez en tête d’autres critères à prendre en compte ? Vous ne croyez pas en l’investissement dans la valeur ? Vous avez des questions à poser ? N’hésitez pas, laissez un commentaire !

Un bonus pour la fin

Un petit bonus rien que pour vous. Une vidéo en anglais au cours de laquelle Warren Buffett explique comment il choisit les actions dans lesquelles il investit. En l’occurrence, il s’agit de sa stratégie d’investissement concernant l’entreprise Petrochina.


11 Commentaires + Ajouter un Commentaire

  • Comme toujours, un article très intéressant !

    Reste à savoir comment faire l’arbitrage entre ces différents points : une entreprise pourra avoir un bel historique et des perspectives de long terme positives… mais parce qu’elle a à sa tête une direction efficace et une réglementation favorable !

    Par contre, la mécanique de Buffet repose également (et comme pour tout gestionnaire de fonds) pour déterminer des prévisions par entreprise, sur le facteur asymétrie informationnelle : difficile pour un particulier d’assister à des « Roadshow » ou même de se payer un abonnement à Bloomberg et Datastream…

    Pour finir, autre citation de Warren : « C’est quand votre chauffeur de taxi commence à vous parler de la bourse qu’il faut songer à vendre ».

    PS : Et oui, concernant la diversification, il serait possible de répliquer à base de covariances et d’espérance que Buffet se fourvoie, mais un résumé sur la gestion de portefeuille viendra probablement ?! ;-)

    • Hello Yoann,

      Merci pour ta réaction !

      Effectivement, pas facile d’arbitrer entre les différents points de la méthode (et encore ne sont évoqués ici que les 10 plus importants !)
      Le mieux est sans doute de pondérer chaque critère et de fixer un plancher de note en deçà duquel l’investisseur ne bouge pas.
      Bien sûr, il y a toujours une part de subjectivité. C’est à ce moment là qu’intervient le 10ème secret, à savoir le feeling… :-)
      On peut également y ajouter son expérience personnelle des marchés financiers.

      Pour ce qui est de l’asymétrie d’information, je pense que la méthode de Graham permet de limiter la prise de risque grâce à la « marge de sécurité ». Comme dans l’immobilier, la bonne affaire se fait à l’ACHAT et en décôte par rapport au marché. Dans ce cas, il convient peut être plus de s’assurer que l’entreprise dévaluée ne va pas droit dans le mur a priori (procédure de liquidation, etc.). Car il reste impossible de prévoir certains événements comme l’explosion d’une plate-forme pétrolière aussi bien pour l’abonné Bloomberg que pour le petit porteur… Égalité ! :-)

      J’aime beaucoup ta citation de Buffett, je la garde !

      Au sujet de la diversification… Vaste sujet ! Sur lequel nous reviendrons effectivement plus tard.

      Je peux d’ores et déjà dire que je suis d’accord avec toi : Buffett va un peu trop loin, sans doute pour marquer les esprits. Tout investisseur dans la valeur (et Graham le premier) respecte quelques règles élémentaires de diversification mais rejette en revanche en bloc une partie de la théorie sur la question.

      Avant d’aller plus loin, peux tu préciser le fonds de ta pensée ?

  • […] vous devez absolument avoir lu avant de commencer à investir en bourse. Vous connaissez sans doute Warren Buffett, le multi-milliardaire américain, l’un des 3 hommes les plus riches du Monde. Et bien, comme […]

  • Je me permets d’intervenir sur la question de la diversification et de la concentration…
    L’histoire de Buffet montre de manière explicite qu’il ne va pas trop loin dans ses propos…et qu’il ne « se fourvoie pas »…surtout quand on voit les résultats.
    En 88 et 89, le portefeuille BRK comptait 5 titres! Entre 1991 et 1997 Coca représentait entre 34 et 41% du fond!!! Si çà c’est pas de la concentration!!
    Je vous suggère à ce sujet l’excellent « Le portefeuille de Warren Buffet », de R.Hargstrom

    Sans faire de spam, je me permets de citer deux articles que j’ai écris sur le sujet :
    http://www.investisseurdebutant.com/diversifier-ou-pas
    http://www.investisseurdebutant.com/concentration

    • Bonjour Etienne et bienvenue sur Mes Finances,

      Je laisserai Yoann réagir à tes propos pour la partie qui le concerne.

      Pour ma part, je réagirai sur 2 points :

      1. Au sujet de la concentration, je te rappelle que l’un des points de l’article est justement de vanter les mérites de la concentration chère à Buffett quitte à heurter l’opinion générale. Cela dit, si tu analyses la répartition du portefeuille de Buffett en 2010, tu verras que ce dernier comporte désormais 10 lignes :
      http://monargent.lecho.be/epargner_et_investir/investir/10_actions_detenues_par_Warren_Buffett_.8918387-2222.art

      S’il ne s’agit pas de diversifier dans la même optique que ce que croit savoir la théorie financière moderne (75% du portefeuille de Buffett est concentré sur 5 actions), une prudence élémentaire semble bien être de rigueur.

      2. Mon commentaire portait également sur l’investissement dans la valeur. Je te cite un passage du livre « Investir dans la valeur, de Benjamin Graham à Warren Buffett et au-delà » que tu recommandes sur ton site :

      « Les investisseurs dans la valeur rejettent toute la théorie (ndlr : de la diversification comme moyen d’atténuer le risque). Ils croient que sélectionner des titres pour bâtir un portefeuille diversifié est important. En revanche, ils réfutent la définition du risque comme étant de volatilité relative du portefeuille. D’une manière générale, les investisseurs dans la valeur gèrent des portefeuilles moins diversifiés que leurs confrères tout en ne mettant pas tous leurs œufs dans le même panier… »

      Je pense donc qu’il est préférable de dépasser le cadre de l’opposition concentration diversification pour saisir avec finesse le value investing. Je ne crois pas que le propos des investisseurs dans la valeur soit de rejeter complètement la diversification mais bien plus le cadre conceptuel que veut légitimer la théorie financière moderne.

      Pour finir, je t’avoue que je ne vois pas bien en quoi tu es en désaccord avec ce que j’ai écrit, à savoir : « Buffett va un peu trop loin (en référence à « ne diversifiez pas vos investissements »), sans doute pour marquer les esprits» puisque tu écris toi-même dans l’un de tes articles que tu cites en référence :

      « Néanmoins la diversification est une pierre angulaire d’un investissement sain et elle vous aidera à dormir sur vos deux oreilles ».

  • Thibaud,

    ma réponse est effectivement peut-être un peu abrupte, mais je suis d’accord avec ce que tu as écris dans son ensemble.
    Sur ma dernière remarque, Buffet ‘ne va pas » nécessairement « trop loin » dans ses propos au regard de sa manière de vivre, sur ses investissements et sur son histoire. Son patrimoine n’est pas diversifié..mais c’est vrai que vis à vis de tout le reste de la population « ll va un peu loin ». Un modeste investisseur lambda ne peut tout simplement pas suivre ces préceptes.

    Au passage, je tiens à te féliciter pour ton blog et en te souhaitant une bonne continuation.

    • Salut Etienne,

      Il est vrai que Buffett est un personnage dont la façon de vivre et d’investir est particulièrement atypique.

      On aura d’ailleurs l’occasion d’en reparler à l’occasion de mon résumé de « Inside the Guru Mind : Warren Buffett », de Robert Heller. :-)

      Merci pour tes compliments et à très bientôt sur Mes Finances ou sur Investisseur Débutant.

  • A l’heure de l’information, ou tout va toujours plus vite, est ce que si Buffet recommencait du debut, il aurait les memes resultats ? Je ne suis pas sur

    • Bonjour Cyril,

      Merci pour ton commentaire.

      Pour répondre à ton interrogation, je pense que la stratégie d’investissement de Buffett est encore valable aujourd’hui du fait même du type d’entreprises qu’il sélectionne pour ses investissements (chemin de fer, chimie, etc.) et de son horizon d’investissement (long terme).

      Il passe également à l’achat sur des entreprises qui sont sous évaluées en bourse (en comparaison de leur actif net) ce qui lui permet d’envisager tôt ou tard un rattrapage du marché sur ces valeurs. C’est le concept de la marge de sécurité, cher à Benjamin Graham.

      Il serait un peu long de détailler encore plus, mais tu peux lire le résumé de l’investisseur intelligent que j’ai publié il y a peu sur le blog ou attendre la semaine prochaine le résumé d’Investir dans la valeur si tu souhaites approfondir le sujet !

      A bientôt sur Mes Finances.

  • […] the man who made billions with a unique investment strategy ». Comme vous le savez, Warren Buffett est un milliardaire américain qui a fait fortune durant l’après guerre en tant qu’investisseur professionnel et […]

  • C’est bien tout ça mais comment faire si on a aucun sou en poche?

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