jan
6
2011

L’investisseur intelligent

Votre avis compte pour moi :

L’investisseur intelligent, c’est un peu La Bible de tout investisseur qui se définit comme tel, une espèce de livre de référence que vous devez absolument avoir lu avant de commencer à investir en bourse. Vous connaissez sans doute Warren Buffett, le multi-milliardaire américain, l’un des 3 hommes les plus riches du Monde. Et bien, comme vous et moi, Warren Buffett est allé à l’Ecole, y a suivi des cours et a appris à investir. Le nom de son professeur ? Benjamin Graham, l’auteur de L’investisseur intelligent et fondateur de l’investissement dans la valeur, véritable révolution dans le monde de l’investissement.

Heureusement pour nous, Graham nous a laissé son livre en héritage. Même si nous devions connaître un succès différent de celui de Buffett, il nous reste tout du moins la possibilité de suivre une méthodologie incroyablement efficace et éprouvée par l’oracle d’Omaha. Y a plus qu’à… :-)

Votre gain de temps : 6 HEURES !

Taille du livre : 352 pages

Durée de lecture du livre : 7 heures

Taille du résumé (au format PDF) : 17 pages environ

Durée de lecture du résumé (parties 1 et 2) : 30 minutes x 2

Soit un gain de temps de 6 heures minimum grâce au résumé publié par Mes Finances Mode D’emploi.

Note : la dernière actualisation de ce livre date des années 70. Si le contexte a bien évidemment évolué, il n’en reste pas moins que la plupart des conseils et méthodologies énoncés dans ce livre restent plus que jamais d’actualité. C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité le résumer dans le cadre des 7 étapes. Sachez également que chaque fois que cela était nécessaire, j’ai tenté de transposer les exemples du livre du contexte de la Bourse de New York vers le contexte de la Bourse de Paris.

Introduction

L’objectif de ce livre n’est pas de rentrer dans le détail des techniques d’analyse financière mais de vous aider à mettre en application une saine politique d’investissement. Sachez également que le livre est destiné aux investisseurs et non aux spéculateurs. Si vous rêvez de gagner 1 Million d’Euros en Bourse en une séance, passez votre chemin ! En revanche, vous devez tout de même savoir qu’en ayant suivi les principes exposés ici, Warren Buffett est aujourd’hui à la tête d’une fortune de 47 Milliards de dollars…

Chapitre 1 : investissement ou spéculation, à quoi peut-on s’attendre ?

Définition de l’investissement

« Une opération d’investissement est de celles qui, après analyse approfondie, promettent une bonne garantie sur le principal ainsi qu’une rentabilité adéquate. Les opérations ne satisfaisant pas à ces critères seront considérées comme spéculatives. »

Gardez bien en tête cette définition, d’autant que les différences entre investissement et spéculation tendent de plus en plus à s’estomper aujourd’hui dans l’esprit du grand public.

Graham fait ensuite la différence entre 2 types d’investisseurs :

  1. L’investisseur défensif
  2. L’investisseur agressif

Résultats auxquels peut s’attendre l’investisseur défensif

Définition : l’investisseur défensif est celui qui cherche essentiellement la sécurité et à se dégager des embêtements et des contraintes liées à ses choix de placement.

Comportement et espérances : en partant du principe que toute décision d’investissement consiste à arbitrer ses fonds entre un portefeuille d’obligations peu risquées et un portefeuille d’actions de qualité du CAC 40, la meilleure stratégie consiste à détenir un portefeuille de type 50-50.

Avertissement : nous y reviendrons mais il faut que vous sachiez que l’investisseur défensif pourra difficilement avoir sur le long terme des résultats supérieurs à la moyenne. Il en est de même pour les professionnels de la gestion collective.

Conclusion : 2 alternatives à cette stratégie existent. La première consiste en l’achat de parts de fonds de gestion collective de qualité plutôt que l’achat d’actions en direct. La seconde, c’est la stratégie du « dollar cost averaging » : investir un même montant en euros à intervalles réguliers (tous les mois ou trimestres). L’intérêt de cette méthode est de contraindre l’investisseur à acheter plus d’actions quand le marché est bas que lorsqu’il est haut. Il a ainsi de meilleures chances de payer un prix moyen correct pour son portefeuille.

Résultats auxquels peut s’attendre l’investisseur agressif

Il est évident que ce type d’investisseur cherchera à obtenir des résultats supérieurs à ceux dont se contente l’investisseur passif. Attention toutefois à éviter le piège de longues heures de travail avec une méthodologie inadéquate et a fortiori des résultats en conséquence !

Il existe 3 types de stratégies

Faire du trading dans le sens du marché : c’est acquérir des titres quand le marché avance et vendre après qu’il se soit retourné. Les titres choisis doivent alors être ceux qui ont un meilleur parcours que le marché,

Sélectivité à court terme : acheter les titres d’entreprises qui sont supposées annoncer prochainement des bénéfices à la hausse ou de bonnes nouvelles,

Sélectivité à long terme : mettre l’accent sur les performances excellentes de croissance passée qui sont supposées se poursuivre à l’avenir. L’investisseur peut également parier sur des entreprises qui ont le potentiel pour avoir de meilleures capacités bénéficiaires dans le futur. Par exemple, les entreprises des secteurs de haute technologie.

Nous ne croyons à aucune de ces voies-là, car :

  1. Sur le court terme, l’investisseur peut se tromper dans ses estimations, et même s’il a raison le marché peut déjà avoir intégré ces anticipations (compétition),
  2. La probabilité de se tromper dans ses estimations sur le long terme est quasi certaine.

Conclusion :

Pour avoir une chance raisonnable de délivrer avec constance et dans la durée des résultats supérieurs à la moyenne, l’investisseur doit s’en tenir à des stratégies qui se sont avérées d’abord solides et prometteuses et qui ne sont pas à l’heure actuelle « à la mode ». Ce sont ces stratégies que nous allons découvrir par la suite.

Chapitre 2 : l’investisseur et l’inflation

L’inflation est une variable clé dans la décision d’arbitrage de tout investisseur dans la composition de son portefeuille (actions vs obligations). En période de forte inflation, ses revenus servis par les produits obligataires se réduisent fortement.

Son choix devrait donc plutôt se porter sur les actions dont les cours et les dividendes ne semblent pas pâtir de la hausse des prix.

Pour autant, tout n’est pas si simple. La décision d’investissement se fait avant tout en fonction des conditions de marché, des niveaux atteints par les cours de Bourse et du rapport entre les rendements boursiers et les rendements obligataires.

Ce n’est pas parce que le contexte économique sera marqué par une forte inflation que vous devrez forcément porter votre choix sur les actions. L’arbitrage se fait en fonction d’un ensemble de variables.

De même, il n’y a pas de corrélation forte entre des conditions inflationnistes ou déflationnistes et les évolutions des résultats financiers des entreprises ou de leurs cours de Bourse.

Par exemple, entre 1966 et 1970 aux Etats-Unis, le coût de la vie a augmenté de 22% alors que les cours des actions et leurs revenus ont baissé en dollars constants.

Une étude plus approfondie des cycles économiques démontre également qu’il n’y a pas de corrélation positive entre l’inflation et les résultats des entreprises.

Conclusion

Il est évident que tout investisseur doit éviter de mettre tous ses œufs dans le même panier. Les recommandations d’arbitrage faites au chapitre 1 sont toujours valables. Si une composante en actions vous protège a priori mieux qu’une composante en obligations contre l’inflation, les conditions de marché et le contexte économique sont également des variables clés à prendre en compte pour vous prémunir contre les imprévus.

Chapitre 3 : un siècle d’histoire des bourses

Note : ce chapitre reprend l’historique de la Bourse depuis la Seconde Guerre Mondiale. Les conseils de l’auteur concernent le contexte des différentes époques de 1945 à 1970. De ce fait, je n’ai pas cru utile de vous en reproduire le résumé.

Chapitre 4 : politique de gestion de portefeuille, l’investisseur défensif

Les caractéristiques des portefeuilles d’investissement dépendent aussi bien de la position financière que du tempérament de l’investisseur.

Un vieux principe d’investissement dit que le taux de rentabilité de l’investisseur est proportionnel au niveau de risque qu’il est prêt à assumer.

Nous ne sommes pas d’accord ! Le taux de rentabilité recherché devrait dépendre du niveau et de la qualité des efforts intelligents que l’investisseur est capable de fournir.

La rentabilité minimum ira à l’investisseur défensif qui recherche à la fois sécurité et tranquillité.

La rentabilité maximum ira à l’investisseur entreprenant qui pourra amener un maximum d’intelligence et d’aptitudes dans ses choix d’investissement.

Le problème crucial de l’allocation entre actions et obligations

Cette partie est illustrée de bon nombre d’exemples chiffrés. L’essentiel à retenir reste que l’investisseur ne doit jamais placer moins de 25% ni plus de 75% de ses fonds en actions et en obligations. La seule bonne raison pouvant nous encourager à augmenter la composante actions serait que la bourse soit très bon marché à la suite d’un long marché baissier. A l’opposé, une politique saine sera de limiter la composante actions à moins de 50% quand l’investisseur juge que le marché a atteint des niveaux dangereux d’évaluation.

Note : La suite du chapitre concerne le détail des obligations et des actions correspondant aux critères de l’auteur pour ce type d’investisseur. S’agissant du marché boursier américain, il m’a paru inutile de vous résumer cette partie.

L'investisseur défensif et les actions simples

Chapitre 5 : l’investisseur défensif et les actions simples

Les mérites des actions simples

Nous rappelons que l’achat d’actions représente une protection contre la dépréciation du pouvoir d’achat. Nous précisons également que les actions génèrent une rentabilité historique bien plus forte que les obligations.

Les règles à respecter pour choisir sa composante actions

  1. Avoir une bonne diversification sans tomber dans l’excès. Entre 10 et 30 lignes maximum.
  2. Tous les titres sélectionnés doivent appartenir à de «grandes entreprises prééminentes et financées prudemment ».
  3. Chaque société sélectionnée doit avoir un historique de paiement continu de dividendes.
  4. L’investisseur doit se fixer un prix maximum pour ses titres. Nous proposons une limite d’évaluation à 25 fois les revenus moyens annuels calculés sur les 7 dernières années.

Les valeurs de croissance et l’investisseur défensif

Le terme de valeur de croissance est utilisé pour le titre ayant un taux de croissance historique (et prévisionnel) des bénéfices bien supérieur à celui du marché.

De telles perles rares sont, à l’évidence, désirables  à condition que leurs prix ne soient pas trop excessifs. Malheureusement, nous savons d’expérience que les valeurs de croissance ne peuvent être acquises qu’à des prix très élevés par rapport à leurs revenus courants. Cette caractéristique introduit un fort élément de spéculation dans la détention de tels titres rendant les possibilités de gains très aléatoires.

Par conséquent, nous déconseillons les valeurs de croissance à l’investisseur défensif.

Les changements dans la composition du portefeuille

Tout investisseur défensif  doit recevoir, au moins une fois par an, le même niveau de conseil pour l’ajustement de son portefeuille que celui qu’il a reçu à sa création. Dans la mesure où il ne sera pas doté d’un niveau d’expertise suffisant pour faire seul ses choix, il est essentiel qu’il n’accorde sa confiance qu’aux établissements financiers de meilleure réputation. C’est à cela que servent les conseillers en investissements.

Chapitre 6 : politique de gestion de portefeuille de l’investisseur entreprenant , la mauvaise approche

Les généralisations les plus utiles à ce sujet pour ce type d’investisseur sont basées sur l’exclusion. L’investisseur entreprenant ne devra pas se soucier des actions préférentielles de première catégorie. De même pour les obligations de rang inférieur et les émissions étrangères, les émissions nouvelles et les obligations convertibles.

Les obligations de deuxième catégorie et les actions préférentielles

Avertissement : un concept fallacieux prétend que l’achat d’un titre risqué (de mauvaise qualité) est compensé par ailleurs par une meilleure rémunération. Nous pensons qu’il est ridicule d’accepter de risquer une perte de son principal pour un supplément de rémunération de 1 ou 2%. Si vous acceptez ce risque, vous devez vous assurer de faire de belles plus values si tout se passe bien.

Les obligations de deuxième catégorie et les actions préférentielles ont des attributs contradictoires. En cas de chute des marchés, elles plongeront mais dès que le marché se reprendra la grande majorité récupérera ses pertes et reviendra à un niveau normal.

Conclusion : le bon sens implique que l’on s’abstienne d’acquérir des titres à 100 si une longue expérience indique qu’ils peuvent être acquis à 70 ou moins sur un marché malade.

Les obligations d’Etat étrangères

Il n’y a aucune raison de pointer le doigt sur les obligations émises par des nations comme l’Australie ou la Norvège. En revanche, il est de notre devoir de vous sensibiliser au risque que représente les actions d’Etats moins fiables comme celles émises par Cuba en 1953 et qui face à l’annulation du versement du coupon en 1963 avaient chuté de 117 à 20 cents…

Les nouvelles émissions en général

Deux mises en garde s’imposent :

  1. Toute nouvelle émission est placée grâce à d’énormes efforts commerciaux (qu’il faut compenser),
  2. Ces introductions nouvelles sont placées uniquement lorsque les conditions de marché sont favorables (pour le vendeur !)

Les introductions nouvelles d’actions

La plupart des entreprises désormais introduites sur le marché boursier sont de petite et de moyenne taille. Je vous cite un passage du livre qui à mon sens résumé à merveille cette partie :

Vers le milieu d’une phase de hausse des marchés, nous voyons généralement apparaître ces introductions à des niveaux encore raisonnables.

Puis, au fur et à mesure que les marchés poursuivent leurs phases haussières, cette forme de financement prend de l’ampleur et la qualité des nouvelles introductions se dégrade, les prix exigés deviennent de plus en plus exorbitants.

C’est d’ailleurs là un signe assez fiable de la fin prochaine du cycle haussier des marchés.

Il est donc indispensable que l’investisseur intelligent puisse résister aux sirènes des plus-values sans risque que ne manqueront pas de lui chanter les marchands d’argent facile !

Chapitre 7 : politique de gestion de portefeuille de l’investisseur entreprenant, la bonne approche

Par définition, l’investisseur entreprenant consacrera beaucoup de temps à la gestion de son portefeuille avec l’objectif de dégager des performances supérieures à celles d’une gestion de père de famille.

Opérations en actions

Les activités de l’investisseur entreprenant peuvent être décomposées en 4 catégories :

  1. Acheter sur des marchés bas et vendre sur des marchés hauts,
  2. Acheter des valeurs de croissance choisies avec attention,
  3. Acheter de bonnes occasions de natures diverses,
  4. Acheter des situations spéciales.

L’approche des valeurs de croissance

Une valeur de croissance est « une action qui a enregistré dans le passé et est escomptée avoir dans l’avenir des résultats supérieurs ».

Un simple traitement statistique suffit pour identifier ce genre de valeurs. Il y a pourtant 2 leurres dans cette stratégie :

  1. Les actions ayant de bonnes statistiques de résultat et de bonnes perspectives se vendent à des prix reflétant déjà cet état,
  2. L’appréciation de l’avenir de l’entreprise par l’investisseur peut s’avérer inexacte.

Nous conseillons donc à l’investisseur entreprenant de se tenir à l’écart d’une politique d’investissement basée sur les valeurs de croissance.

3 domaines suggérés pour l’investisseur entreprenant

Notre stratégie pour obtenir des résultats supérieurs à la moyenne exige que nous développions une politique de sélection :

  1. Nous définir des tests objectifs et rationnels de qualité,
  2. Cette politique doit se différencier de celles qui sont suivies par la majorité des investisseurs et des spéculateurs.

La grande entreprise relativement peu populaire

Cette approche s’intéresse aux grandes entreprises sanctionnées en Bourse temporairement pour des résultats insuffisants ou inférieurs aux attentes. Nous excluons de l’approche les entreprises de petite taille qui peuvent souffrir d’un manque de visibilité de la part des investisseurs.

Les entreprises de grande taille ont un double avantage :

  1. Elles ont les ressources financières et humaines pour faire face à l’adversité,
  2. Le marché répondra rapidement à une amélioration de leurs affaires.

Avertissement : Les titres « spéculatifs » – qui pâtissent d’une grande fluctuation de leurs revenus- ont tendance à s’échanger à des prix relatifs élevés et des multiples relatifs faibles pendant leurs bonnes années et à des prix bas relatifs et à de forts multiples durant leurs mauvaises années.

Pour prendre l’exemple concret de Chrysler de 1952 à 1970, plus les profits de la société ont augmenté et plus le marché s’est montré prudent et a fait évolué ses titres en conséquence. A l’opposé, quand les revenus de la société étaient faibles, voire inexistants, il les a évalués généreusement en dotant le titre d’un multiple élevé.

Solution : Il est donc primordial pour cette approche d’exclure les titres atypiques du groupe des bas multiples en exigeant aussi que les cours soient bas par rapport aux revenus annuels moyens historiques.

Achat de bonnes occasions

Une bonne occasion est un titre qui semble valoir considérablement plus que sa valeur boursière, après analyse financière. Nous fixons la barre de son prix à 50% de sa valeur.

2 filtres permettent de détecter une bonne affaire :

La méthode de l’expertise ou de l’estimation

On estime les revenus futurs de l’entreprise puis on les multiplie par un facteur dépendant des caractéristiques de risque du titre à expertiser. Si la valeur ainsi trouvée est suffisamment supérieure au prix du titre sur le marché, le titre peut être considéré comme une bonne affaire.

La méthode de l’évaluation économique

On estime la valeur qu’aurait l’entreprise pour un opérateur industriel. La méthodologie est assez similaire mais on accordera une attention plus grande à la valeur de réalisation des actifs et en particulier à l’actif net circulant.

En Bourse, un simple manque d’intérêt peut provoquer un effondrement de la cote. Pour 2 raisons principales :

  1. Des résultats courants décevants,
  2. Un désintérêt ou une impopularité prolongée.

Avertissement : Il ne suffit pas de voir prix et revenus s’effondrer pour s’engager sur un achat. Des indicateurs comme l’historique des bénéfices stable sur plusieurs années, une taille adéquate, un passif du bilan sain permettant d’encaisser les contre performances sont à prendre en compte absolument.

Types de bonnes occasions choisies dans le groupe des valeurs secondaires

Nous définissons une valeur secondaire comme une entreprise n’étant pas parmi les leaders d’un secteur important.

Le marché porte trop souvent un regard pessimiste sur les secondaires comme en atteste le schéma psychologique dominant la crise de 1929 dont le corollaire était que  les entreprises de grande taille étaient vouées à une expansion illimitée.

On peut donc a priori tirer profit de l’achat de secondaires de bien des manières :

  1. Leurs dividendes sont élevés,
  2. Les revenus réinvestis sont substantiels comparés aux cours (cela peut faire boule de neige sur une période de 5 à 7 ans),
  3. Un marché haussier typique se montrera plus généreux avec les valeurs sous-évaluées,
  4. Même lors de phases de marché peu animées, le processus d’ajustement continu des prix tirera les valeurs sous évaluées à des niveaux de cours normaux,
  5. Les facteurs spécifiques qui ont créé les conditions de sous évaluation disparaitront certainement avec des changements de stratégie et/ou un renouvellement de management.

Avertissement : Historiquement, les valeurs secondaires fluctuent de part et d’autre d’une valeur centrale qui est bien en dessous de leur niveau d’équité. Elles atteignent voire dépassent de temps en temps ces niveaux mais cela n’arrive qu’en phase de surévaluation. L’expérience nous incite donc à acheter ces valeurs à un prix plus bas que leur valeur pour un opérateur industriel.

Fluctuations du marché - l'investisseur intelligent

Chapitre 8 : l’investisseur et les fluctuations du marché

Fluctuations du marché et plans d’investissement

Il y a deux façons de profiter des fluctuations du marché : soit par le timing soit par le pricing (ou évaluation des prix).

Timing : Tout effort destiné à anticiper l’action des marchés afin d’acheter ou de conserver quand la hausse est envisagée, et de vendre ou différer un achat quand la baisse est attendue.

Pricing : Tentative d’acquérir les titres lorsqu’ils sont cotés au-dessous de leurs valeurs d’équité et à les vendre quand ils passent au-dessus de ce niveau. Une autre forme moins ambitieuse consiste à s’assurer de ne pas payer trop cher ses achats (investissement défensif).

Une histoire édifiante : la théorie de Dow

Cette technique tire ses signaux de cassures par le haut (graphiques) particulières des indices, et ses signaux de ventes de cassures similaires par le bas. L’utilisation de cette méthode a démontré une série de gains ininterrompue entre 1897 et 1960.

Pourtant, une étude plus pointue des performances de la méthode démontre que la qualité des résultats s’est particulièrement détériorée à partir de 1938, soit peu de temps après que Wall Street ait adopté la théorie…

A notre avis, 2 raisons expliquent cette dégradation soudaine :

  1. Le temps écoulé a amené de nouvelles conditions de marché, la formule est alors devenue obsolète,
  2. La popularité de la théorie a induit une hausse considérable des comportements dans sons sens, ce qui a entraîné une annihilation des effets positifs produits par celle-ci dans des conditions normales de marché.

Conclusion : Il nous apparait clairement peu probable à long terme de gagner en Bourse par une approche purement « timing ». Tôt ou tard, une telle approche, si elle est fructueuse, devient populaire et fabrique l’avancée ou le déclin sur le marché grâce à l’action de ses suiveurs.

Méfiez-vous également des plans d’investissement à partir de formules. Les techniques qui consistaient par exemple à effectuer des ventes d’actions de façon automatique après une avancée substantielle du marché ont connu leur limite le jour où l’acceptation de cette méthode s’est généralisée.

Estimation économique face à estimation boursière

Meilleures sont les performances d’une entreprise, plus brillantes sont ses perspectives d’avenir, et moins le prix de ses actions sera lié à sa valeur comptable. Plus grande alors sera la prime au-dessus de sa valeur d’actif et plus risqué sera le calcul de sa valeur intrinsèque. Autrement dit, plus cette valeur sera tributaire des changements d’humeur des marchés et des critères de mesure qu’ils retiendront.

Meilleure sera une entreprise et plus son titre sera soumis à de fortes fluctuations !

Donc plus l’action est de qualité et plus elle aura un caractère spéculatif…

A titre d’exemple, l’action IBM est passée de $607 à $300 en 7 mois entre 1962 et 1963. Cette baisse étant plus à mettre sur le compte d’une perte de confiance du marché sur l’évaluation de la prime octroyée à l’entreprise plutôt que sur d’éventuels doutes quant à son potentiel de croissance à long terme.

Avertissement : Cela signifie d’une part que l’investisseur défensif doit concentrer ses achats sur les entreprises dont la valeur marché est raisonnablement proche de la valeur nette de leurs actifs tangibles. L’investisseur doit également exiger un ratio cours/bénéfice adéquat, une position financière forte et la perspective que les revenus passés seront maintenus à l’avenir.

Chapitre 9 : investir dans un fonds d’investissement

Une possibilité offerte à l’investisseur défensif consiste à placer son argent dans des parts de fonds d’investissement. Deux questions importantes soulevées dans ce chapitre et auxquelles nous répondrons :

  1. Existe-t-il des moyens permettant aux investisseurs de faire mieux que la moyenne en choisissant le bon fonds ?
  2. Si non, comment peut-il se tenir à l’écart des fonds qui lui donneront des performances inférieures à la moyenne ?

Performance d’ensemble des fonds d’investissement

Grâce à l’analyse comparative de 10 grands fonds d’investissement américains de 1961 à 1970, l’auteur parvient à la conclusion que les résultats globaux des 10 fonds en question n’ont pas été bien différents de ceux de l’indice Standard & Poor’s des 500 actions mais sont par contre supérieurs à ceux du DJIA.

Il existe par contre des disparités d’efficacité dans la gestion des fonds considérés.

En conclusion, l’investisseur en fonds d’investissement peut donc très bien utiliser des tableaux comparatifs de performances sur 5 ans au moins pour faire ses choix de fonds à condition que le marché ne connaisse pas de phase d’avancée dynamique sur la période de comparaison car ceux-ci sont susceptibles de tronquer les résultats obtenus.

Les fonds de recherche de performance

Le culte de la performance a vu le jour dans l’industrie financière désormais et même dans celle des comptes administrés. L’histoire est on ne peut plus simple : un gérant de fonds obtient des résultats brillants pendant quelques temps, puis en fait la publicité et attire des fonds toujours plus importants. Pour maintenir son niveau de performance, celui-ci est obligé de prendre de plus en plus de risques, qui tôt ou tard devront être payés.

Note 1 : Vous retrouverez dans l’actualité cinématographique récente le film « Krach » qui reprend exactement cette spirale infernale comme scénario…

Note 2 : nous n’évoquons pas dans ce résumé les différentes catégories de fonds évoquées par l’auteur. Vous retrouverez facilement cette information sous l’onglet OPCVM de Boursorama.

Chapitre 10 : l’investisseur et ses conseillers

Le placement d’argent sur des valeurs mobilières a un côté unique car il est presque toujours basé sur des conseils prodigués par les autres. La grande majorité des investisseurs sont des amateurs.

Nous considérons l’idée de demander à d’autres comment faire de l’argent d’une grande naïveté.

Bien sûr, le rôle d’un conseiller est d’utiliser son éducation et son expertise pour éviter à son client de commettre des erreurs irréparables et pour le protéger contre son inexpérience des marchés.

Par contre, c’est lorsque l’investisseur exige de gagner plus qu’une rentabilité normale ou lorsque le conseiller s’engage à faire mieux que la question se pose de savoir si on ne nous promet pas plus qu’on ne saurait tenir.

Si l’investisseur se laisse guider par les conseils d’autrui, il devra se limiter aux formes d’investissement communes.

S’il désire sortir des sentiers battus, il lui faudra alors être capable de porter un jugement indépendant sur les propositions qui lui sont faites. Il passera alors du statut d’investisseur conservateur à celui d’investisseur agressif.

En ce qui concerne les services financiers en général, leurs prévisions sur les marchés boursiers sont généralement peu fiables.

En revanche, elles sont d’une aide précieuse en ce qui concerne les conditions économiques et commerciales.

En d’autres termes, l’investisseur intelligent a tout intérêt à utiliser ce dernier type d’information pour se faire ses propres choix d’investissement.

Conclusion :

Les investisseurs qui sont prêts à payer des honoraires pour la gestion de leurs fonds peuvent sélectionner quelques firmes de conseil en investissement à la réputation établie. Ils peuvent également utiliser le département gestion de fortune d’une grande banque.

Les investisseurs défensifs s’attacheront surtout à préciser à leur conseiller le type de titres qu’ils souhaitent acquérir. Un bon analyste financier pourra établir une liste adéquate au besoin et pourra dire à l’investisseur si les cours courants sont raisonnables ou non en fonction des perspectives historiques.

Les investisseurs agressifs travailleront en étroite collaboration avec leurs conseillers. Ils exigeront que les recommandations proposées le soient dans le détail pour qu’ils puissent se forger une opinion.

Chapitre 11 : Analyse de titres pour le néophyte, approche générale

attention

RDV Lundi 10 Janvier pour la fin de votre résumé de L’investisseur intelligent de Benjamin Graham !

7 Commentaires + Ajouter un Commentaire

  • Bonjour Thibaud,

    Ton résumé est assez bien fait puisqu’il m’a donné envie de lire le livre j’attends la suite avec deux patience.

    Ps: Quand je click sur le lien PDF il m’ouvre un nouvel onglet et non un pdf c’est normal?

    • Salut Younes,

      Bienvenue sur Mes Finances !

      Content d’apprendre que le résumé t’a donné envie de lire la suite. RDV demain donc !

      Je viens de vérifier pour le widget qui crée le PDF. Il semble fonctionner :
      – quand tu cliques dessus, une nouvelle fenêtre apparaît effectivement. Cette dernière t’offre la possibilité de ne pas sélectionner ce que tu ne souhaites pas conserver dans le PDF.
      – ensuite, tu as un icône PDF en haut à gauche (ou PRINT) qui te permet de générer le pdf quand tu cliques dessus.

      En espérant que ces explications soient suffisamment claires.

      A bientôt !

      PS : tu utilises quel navigateur ? J’ai testé le widget sous Chrome et Firefox…

      • J’utilise le panda roux (Firefox), ça marche c’est mon addon anti-pub qui bloquait l’affichage du pop-up sur l’autre onglet

        A demain :)

  • […] et fin de votre résumé de L’investisseur intelligent. Dans cette partie, vous apprendrez à […]

  • […] L’investisseur intelligent (partie […]

  • […] L’investisseur intelligent (2ème partie) […]

  • […] de 15.000 abonnés. Au contraire des précédents livres que j’ai résumés sur le blog (L’investisseur intelligent I et II, Investir dans la valeur I et II), Weinstein n’est pas un […]

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