mai
10
2012

France vs. Canada : le match !

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Cet article a été écrit en collaboration avec Vincent Durivage, rédacteur web et étudiant en planification financière au Québec. Son Blog, Boursendirect, est dédié aux finances personnelles et a pour objectif de vous aider à optimiser vos revenus et vos dépenses.

La France et le Canada ont une relation historique très forte et des relations commerciales importantes. Cette réalité touche particulièrement la province du Québec qui partage la même langue et une mentalité très rapprochée. Mais qu’en est-il de l’économie de ces deux pays? Quel est le portrait économique de chacun de ces pays? Regards croisés de Boursendirect et Mes Finances sur ces économies en mouvance.

France Canada : le match !

Situation actuelle de l’industrie

Le Canada possède une industrie qui est grandement orientée vers les ressources naturelles. Les vastes territoires et la quantité importante de ressources disponibles profitent grandement à une économie que l’on juge en bonne santé. Outre l’exportation de ressources naturelles et de produits de première transformation, le Canada se démarque par un savoir au niveau du génie. Les grands projets d’exploitation ont créé un pôle de l’ingénierie. Finalement, l’aéronautique ainsi que le développement de jeux électroniques sont deux domaines en forte croissance.

La France, de son côté, possède une industrie en pleine perte de vitesse. Plusieurs secteurs clés comme l’industrie agroalimentaire, la construction et l’industrie de défense tentent encore de résister alors que dans le même temps d’anciens fleurons tels que l’automobile souffrent du rattrapage et de la concurrence des pays à bas coûts. En 2012, l’industrie française est de petite taille, positionnée au milieu de gamme, peu exportatrice et menacée sur ses niches traditionnellement fortes. Conséquences ? Une croissance potentielle faible, la déqualification des emplois et une sensibilité accrue au taux de change en euro.

Victoire du Canada.

Compétitivité internationale

Au niveau de la compétitivité internationale, le Canada est en situation fragile avec comme premier acheteur les États-Unis qui priorisent les produits « Made in US » et une concurrence féroce des pays émergents comme la Chine, l’Inde et le Brésil. Plusieurs usines ont déménagé vers ces pays où la main-d’œuvre est beaucoup moins chère. L’économie du savoir performe toutefois très bien et comme mentionné, le secteur de l’ingénierie, représenté par des firmes d’ingénieurs, se porte très bien à l’étranger. Les grandes minières réussissent aussi à implanter leur activité hors des frontières grâce à un solide savoir-faire.

Comme le Canada, la France souffre de la concurrence accrue des pays émergents. La désindustrialisation a pour principal inconvénient que la France profite peu de la croissance du commerce mondial et surtout de la croissance des pays émergents et exportateurs de pétrole. On constate également un recul des positions traditionnellement fortes de la France dans des domaines comme le nucléaire, les trains rapides et les avions. Tout ceci a des conséquences désastreuses avec notamment la baisse de la croissance potentielle, le recul de la qualification des emplois et du salaire moyen. La France doit désormais faire preuve de volontarisme si elle souhaite conserver une place de premier plan dans les secteurs de l’aéronautique et du spatial.

Victoire du Canada.

Situation actuelle des finances des entreprises

Au Canada, un très faible taux d’intérêt ainsi que plusieurs mesures de relance de l’économie par le gouvernement ont favorisé l’investissement des entreprises qui profitent maintenant de nouveaux équipements et technologies. Les grands projets en extraction et transformation des ressources naturelles, ainsi que la recherche et le développement, sont les deux principales activités ciblées par les entreprises afin d’assurer leur croissance.

En France, le niveau élevé des coûts salariaux (qui augmentent rapidement même en période de chômage élevé) et la structure de la fiscalité (avec le poids élevé des charges sociales) ont pour conséquence un chômage croissant et une perte de compétitivité des entreprises (hausse du poids des charges sociales et baisse du poids de la TVA).

De surcroit, le recul de la profitabilité des entreprises – qui réduit par là-même leurs capacités d’investissement et d’emploi – est principalement dû à un mauvais partage des revenus au détriment des profits. Au contraire du Canada, les entreprises françaises ont de moins en moins les moyens de s’autofinancer ce qui est très inquiétant dans un contexte de resserrement de l’offre de crédit bancaire.

Victoire du Canada.

Situation des finances publiques

Avec un gouvernement conservateur au pouvoir depuis quelques années, les finances gouvernementales ont subi d’importantes coupures et le budget équilibré devrait être de retour à moyen terme. Les finances gouvernementales sont donc en bonne posture si l’on considère le fait que la crise de 2008 est passée par là touchant ainsi la principale source d’échange économique du pays. On note toutefois quelques scandales financiers, dont l’achat d’avions-chasseurs F-35 qui coûteront plusieurs milliards de dollars de plus qu’initialement prévu.

La situation des finances publiques en France est préoccupante. Elle sera encore affectée à l’avenir par les effets du vieillissement de la population, de la faible croissance potentielle, et de la démographie. Le mécanisme à l’œuvre est connu et irréversible. Pour citer Patrick Artus, directeur de recherche chez Natixis, dans sa note en date du 2 février 2011 :

Dans une union monétaire sans fédéralisme, les pays désindustrialisés sont structurellement insolvables. En effet, ils ont un déficit extérieur structurel qui n’est pas compensé par des transferts fédéraux, ce qui veut dire qu’ils doivent continuellement s’endetter.

La solvabilité de l’Etat français est en danger réel à terme.

Victoire du Canada.

Situation du marché immobilier

Les faibles taux d’hypothèque ont poussé un grand nombre de ménages à acheter une première maison ou changer pour une habitation plus importante. Les analystes craignent donc l’éclatement ou le dégonflement d’une bulle immobilière. L’agence de taux hypothécaire Multi-prêts prévoyait d’ailleurs un ralentissement important et une correction du niveau des prix, surélevé par les faibles taux toujours en vigueur.

Si le marché immobilier français entre désormais dans une période de correction, il parait cependant inapproprié de parler de bulle immobilière. L’endettement des ménages n’est pas aussi préoccupant que chez nos voisins outre atlantique. Le resserrement progressif de l’octroi de crédit, la fin annoncée des politiques fiscales incitatives et le contexte économique morose devraient engendrer une baisse progressive des prix de l’immobilier. Plutôt une bonne nouvelle pour les futurs acquéreurs…

Victoire de la France.

On refait le match ?

Victoire finale (écrasante) du Canada 4 à 1. Mais après tout, il ne s’agit que de notre avis. Quel est le vôtre ? Réagissez dans les commentaires !

3 Commentaires + Ajouter un Commentaire

  • […] la première manche du match d’économie France vs Canada que vous avez pu suivre il y a quelques temps sur Mes Finances, voici la suite logique sous forme […]

  • La France Gagne , sans même avoir a faire de match. par le simple classement des puissances économiques.. France 5ieme et Canada 11ieme.

  • non luc la france degringole depuis des annees et la crise s’accentue et surtout le chomage augmente sans cesse . Le canada gagne et écrase la france 5 a 0

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