jan
23
2012

La solution à la crise existe, mais êtes-vous prêt à accepter le changement ?

Votre avis compte pour moi :

J’aurais aussi bien pu écrire : «la solution à la pauvreté existe», «la solution au problème de la fin du plein emploi existe» ou encore «la solution au problème de la perte de sens de la société du travail existe» mais je me suis dit qu’il y avait un risque de perte de crédibilité.

Et pourtant…

Oui la solution à tous ces problèmes existe. Non il ne s’agit pas d’une utopie irréaliste. Cette solution porte même un nom : le «revenu de base».

La définition du «revenu de base» est la suivante :

Un revenu de base est un revenu accordé sans conditions à tous les membres d’une communauté politique

Autrement dit, le revenu de base est un revenu versé par l’Etat de manière inconditionnelle. Il ne rentre pas dans la catégorie des revenus du travail. C’est une forme d’allocation universelle.

Avant d’aller plus loin, voyons dans quel cadre de réflexion s’inscrit cette idée.

chronique d'une mort annoncée - montée du chômage

Chronique d’une mort annoncée

A l’avenir, le marché du travail ne pourra plus permettre l’intégration sociale de toute la population.

Ni vous ni moi n’y pouvons rien : c’est la résultante de plus d’un siècle de course à la rationalisation des moyens de production. La rançon du succès en quelque sorte.

A l’heure actuelle, nos politiques ont beau jeu de réclamer le retour de la croissance économique. Malheureusement, cette dernière n’est pas vraiment à l’ordre du jour et les dernières décennies ont démontré que celle-ci était plutôt destructrice d’emploi.

Dès lors, il pourrait être tentant de considérer le progrès comme source de nos maux.

Pour autant, remettre en cause les efforts des générations passées pour développer nos sociétés sous prétexte de vouloir retrouver le plein emploi serait une erreur.

Tout simplement parce que le but ultime de ces générations était précisément de se libérer de l’aliénation du travail et ce grâce au progrès.

Mais alors que faire ?

Nous allons devoir nous adapter pour reconsidérer notre rapport au travail et le revenu de base rentre dans le cadre de cette réflexion nouvelle.

Il faut prendre du recul. Le problème de nos sociétés aujourd’hui n’est pas tant un problème de richesse qu’un problème de répartition de cette dernière. En clair, de l’argent il y en a.

Les économies sont en surchauffe permanente et par manque de clairvoyance nous restons incapables de mettre en place les canaux de distribution adéquats.

A l’heure actuelle, l’agriculture mondiale produit suffisamment pour nourrir 12 milliards d’êtres humains. Nous sommes 6,6 milliards d’êtres humains sur Terre. Alors comment expliquer que 1000 êtres humains meurent de la faim ou de ses conséquences chaque jour ?

Comment l’expliquer ? En fait, c’est assez simple. L’économie tourne désormais en circuit fermé. Nous vivons dans des sociétés où la pathologie du «toujours plus» se répand comme une gangrène sans que quiconque n’y trouve rien à redire. «Après tout, c’est la loi de l’économie…»

Faux ! Le sens profond de l’économie, c’est d’assurer notre subsistance par la production de biens. Pas d’amasser l’argent sans considération pour notre propre bien être.

Aujourd’hui, on juge l’être humain à partir de l’économique alors que l’économique devait être au service de l’être humain. Rappelez-vous le rêve de ces générations qui nous ont précédés…

C’est pour cela que le revenu de base concrétiserait des siècles d’effort collectif :

  1. Il est versé sans condition
  2. Il lie la sécurité à une liberté maximale, il donne la possibilité de refuser et donc de choisir son travail si l’on souhaite travailler
  3. Il remplace les prestations sociales de l’Etat
  4. Il éradique la pauvreté
  5. Il rassure la classe moyenne en stabilisant ses revenus
  6. Il supprime la peur des vieux jours
  7. Il efface les tensions sociales
  8. Il développe les initiatives

Bref, n’ayons pas peur des mots :

Le revenu de base, c’est la première vision positive du 21ème siècle

Ouf, il était temps !

Mais avant de crier victoire trop vite, il s’agit bien sûr de réfléchir aux enjeux d’un tel bouleversement.

motivation au travail

Un enjeu humain : la motivation au travail

Le premier enjeu concerne la motivation au travail et le sens des responsabilités.

En effet, il parait naturel de s’interroger : si chacun touche un revenu qui n’est pas lié à son travail, pourquoi les individus continueraient-ils à travailler ? Et si même cela était le cas, comment manager des individus qui n’éprouvent plus la peur de perdre leur emploi ?

Dans le documentaire Le revenu de base – une impulsion culturelle, le sondage suivant a été effectué :

Imaginons que vous touchiez le revenu de base, continuez-vous à travailler ?

  1. 60% des sondés répondent «oui»
  2. 30% des sondés répondent «à mi-temps» ou «oui, mais autrement»
  3. 10% des sondés répondent «je dors, et ensuite on verra»

D’après vous, quel sera le comportement des autres travailleurs ?

  1. 80% des sondés répondent que les autres arrêteront de travailler.

Je vous laisse tirer vos propres conclusions.

En ce qui concerne le management des individus, il est certain que ce dernier serait voué à évoluer. Mais croyez-vous vraiment que l’on manage efficacement par la peur sur le long terme ?

Et même si tel était le cas, la question ne se pose pas vraiment en ces termes. Le revenu de base serait une avancée démocratique déterminante parce qu’elle donne aux individus la liberté de choisir de travailler ou non.

Un individu qui souhaiterait continuer son travail pourrait le faire en toute liberté. Plutôt qu’un rapport de force grégaire, c’est un rapport de séduction et d’intérêts mutuels bien compris qui pourrait s’instaurer entre les entreprises et les salariés : qu’y a t-il de plus durable que le modèle de collaboration gagnant-gagnant ?

la TVA, un impôt social

Un enjeu de taille : le financement

Le second enjeu concerne le financement. Le documentaire explique en détail comme rendre ce financement possible. L’explication complète se trouve à partir de la dernière demi heure du film. En voici un bref résumé.

La finalité de l’économie, c’est la création de valeur.

Aujourd’hui, on retrouve l’Etat à peu près à chaque étape du cycle de cette création de valeur, notamment par le biais de son rôle de percepteur.

3 types d’impôts sont levés par ce dernier :

  1. Les charges sociales
  2. L’impôt sur le revenu
  3. La TVA

Les charges sociales pénalisent les entreprises et les travailleurs. De surcroît, c’est un impôt fondamentalement injuste : en taxant le travail avant que ce dernier ait porté ses fruits, on accorde une valeur au travail en tant que tel, ce qui ne devrait pas le cas.

L’impôt sur le revenu parait moins injuste. L’effort de contribution de chaque individu se veut progressif : plus on gagne, plus on participe à l’effort collectif d’imposition. Sur le papier, cet impôt parait plus juste puisque c’est une fois que le travail a porté ses fruits que l’Etat se sert. Oui, mais voilà dans les faits, ça ne se passe pas exactement comme ça. L’impôt sur le revenu n’est plus désormais que de la poudre aux yeux. Il existe mille et une façons de ne pas s’en acquitter légalement du moment qu’on a les moyens de payer un conseiller fiscal. La progressivité de l’impôt repassera…

Reste donc la TVA. Il semble que cette dernière arrange tout le monde. L’Etat est à peu près sûr de la percevoir puisqu’il s’agit d’un impôt sur la consommation. De surcroit, c’est un impôt équitable : tout le monde le paye.

Comme le dit le Dr. Benediktus Hardorp :

L’impôt sur les dépenses permet à chacun de se poser clairement la question de la direction qu’il désire prendre dans sa vie

La TVA pourrait très bien devenir le seul impôt perçu par l’Etat. Ce dernier serait alors cantonné à un rôle purement fiduciaire et deviendrait le garant du droit au revenu de base.

Le financement du revenu de base est alors très facilement compréhensible : l’Etat perçoit la TVA comme impôt unique d’un côté et reverse ce dernier sous forme de revenu de base.

Le revenu de base devient ainsi la restitution de la TVA pour les besoins de base, en tant que plancher de taxation.

Et la TVA devient un impôt social…

Le revenu de base, ça marche… à l’étranger

Nos politiques seraient bien inspirés de commencer à regarder du côté de l’Allemagne, de l’Autriche et de la Suisse, pays dans lesquels le débat public sur le revenu de base est déjà bien avancé.

On parle d’ailleurs de sa mise en place dans certains cantons suisses. Une sorte de test grandeur nature, avant sans doute d’envisager une généralisation à l’ensemble du territoire.

De l’autre côté de l’Atlantique, citons notamment l’Alaska qui a mis en place un tel revenu depuis 1976, payé par le Fonds Permanent de l’Alaska, qui détient notamment du pétrole. Si un tel financement n’est pas envisageable en France, nous avons vu qu’il était possible de le concrétiser différemment.

En France, la réflexion est engagée même si cette dernière n’en est encore qu’à ses balbutiements. Parmi les candidats à la présidentielle, Christine Boutin, Dominique de Villepin, les Verts et Alternative Libérale défendent ce concept.

Même le très respecté et regretté économiste Jacques Marseille s’y était mis :

En 2007, l’ensemble des prestations de protection sociale versées par l’État aux Français a représenté 578 milliards d’euros, soit 29% du PIB, soit près de 60% du total des dépenses publiques, soit un peu plus de 9 000 euros par Français. (…) Si l’on versait une allocation universelle de 750 euros par mois à tous les Français âgés de plus de 18 ans et 375 euros à chaque Français de la naissance à l’âge de 18 ans, cette prestation sociale « révolutionnaire » représenterait 510 milliards d’euros. En échange toutefois, l’instauration de ce revenu garanti de la naissance à la mort serait accompagnée de la suppression de nombreuses prestations aujourd’hui versées, un dispositif unique, simple à verser et totalement compréhensible, remplaçant le maquis des innombrables dispositifs de protection sociale existants

Soyons patients. Après tout, l’idée du revenu de base est née il y a un peu plus de 400 ans puisque son père spirituel n’est autre que Thomas More.

Chaque époque de l’histoire humaine réalisant ce que la précédente a pensé, gageons qu’il n’en sera pas autrement cette fois.

Il y va de l’avenir de nos démocraties…

Documentaire

Voici le documentaire Le revenu de base – une impulsion culturelle dont je me suis inspiré pour cet article. Que vous soyez enthousiaste ou sceptique quant à l’idée du revenu de base, je vous invite vraiment à le visionner. Une opinion n’a de valeur que si elle est éclairée, non ?


Le revenu de base – le Film

Votre avis

Et vous, quel est votre avis sur le revenu de base ?

Êtes vous enthousiaste ou sceptique ?

Avez-vous des questions ?

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Remerciements

Merci à Audrien pour sa participation active à la vie du Blog !

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