juil
25
2011

Peut-on encore investir aujourd’hui ?

Votre avis compte pour moi :

Lorsqu’on suit un peu l’actualité financière, on est en droit de se poser la question. Difficile en effet de se faire une opinion en ces temps particulièrement incertains. L’immobilier semble au plus haut, les marchés actions font le yoyo depuis plusieurs mois sans dégager la moindre tendance de fonds,  et les métaux précieux tels que l’or ou l’argent battent des records, ce qui peut laisser penser que le retournement aura lieu tôt ou tard. Et pour ne rien arranger, on nous annonce la mort prochaine de l’Etat-providence. Que faire ?

faillite+des+Etats+Providence+-+investir+aujourd'hui

Comprendre le contexte macro-économique

Je ne vais pas me livrer ici à une analyse macro-économique complexe de la situation. La réalité est assez simple, et vous comme moi l’avons bien compris : les Etats européens sont au bord de la faillite. Manque de rigueur budgétaire, relance de la croissance par l’endettement improductive, rachats de créances pourries aux banques comme en Espagne ou en Irlande, les raisons sont multiples.

Le soi-disant sauvetage de la Grèce intervenu en fin de semaine dernière n’est qu’un leurre. Un nouveau tour de passe-passe qui va très certainement rapidement faire long feu.

Faire racheter par le Fonds de Stabilité Européen sur le marché secondaire la dette grecque que le marché ne voudra pas revient tout simplement à agir comme la Fed aux Etats-Unis. C’est un nouveau remake de la fameuse chaîne de Ponzi, après celui initié par les américains.

Et tôt ou tard, le voile se lèvera sur cette gigantesque escroquerie. Et il faudra rendre des comptes. On ne crée pas impunément de l’argent ex nihilo sans avoir à en assumer les conséquences.

Auparavant, c’était le pouvoir des rois. Voyez comment ils ont fini…

Pour agir en conséquence

Pourtant, les opportunités existent bel et bien pour l’investisseur qui a pris en main son éducation financière. Ce dernier sait comment faire fructifier son argent quel que soit le contexte macro-économique.

Même en tenant compte de ces évènements extrêmement préoccupants, il reste possible d’avancer vers l’indépendance financière. Voici 4 stratégies pour y parvenir :

1. Les marchés actions : à quand le retour de la grande braderie ?

Si ce n’est pas encore fait, vendez les actions sur lesquelles vous êtes en plus value.

Le rebond constaté ces derniers jours peut bien se poursuivre encore quelques temps. Mais il ne me semble pas vraiment justifié. Et je ne suis pas sûr que le marché soit suffisamment résilient pour encaisser avec panache le défaut de paiement programmé de nos petits camarades grecs.

En ces temps troublés, « cash is king » et même si le risque de dévaluation brutale de l’Euro existe – nous y reviendrons- il est sans doute préférable de passer en mode liquidité le temps de laisser passer l’orage pour ensuite revenir sur les marchés une fois la purge effectuée.

Ce sera alors la grande braderie, peut être même la plus grande jamais effectuée. Ne la ratez sous aucun prétexte ! Pour cela, surveillez les champions de la côte injustement sanctionnés sur la base des critères que nous avons déjà vus ensemble précédemment.

2. L’or n’est pas un actif : et bien pour une fois tant pis !

Oui je sais, l’or est à son plus haut historique. Sauf qu’aujourd’hui ne pas avoir au minimum 10% (et encore !) de son patrimoine en « relique barbare », c’est un peu comme conduire une voiture sans assurance automobile. C’est possible, mais en cas d’accident grave, c’est le drame. Le raisonnement est le suivant :

  • les Etats européens se sauvent définitivement par miracle (Batman a encore frappé), l’or débutera alors sa phase baissière. Pas de panique, vous revendrez votre or en encaissant au pire une moins value de 10%, seuil que vous vous êtes fixés (10% de 10% de votre patrimoine soit 1% au total). Pas de quoi penser à la banqueroute, d’autant que dans le même temps, vous êtes revenu sur les marchés actions, rassuré que vous êtes, et que vous encaissez des plus values pharaoniques.
  • Les Etats européens ne se sauvent pas et l’Euro connait une sévère dévaluation. Votre or flambe.  Vous avez donc préservé une partie de votre patrimoine.

Vous me direz que l’or n’est pas un investissement puisqu’il ne rapporte pas. C’est vrai, l’or n’est pas vraiment un actif, il faut plutôt le considérer comme une assurance. Dans le contexte actuel, je pense néanmoins qu’il est bien plus risqué de ne pas en avoir du tout que d’en avoir un peu.

3. L’immobilier est au plus haut en Ile de France : et alors ?

Et oui, le marché immobilier est à un plus haut historique en région parisienne et en recul dans certaines régions de France. Le volume des transactions est en repli ce qui peut laisser présager un retournement imminent. Et alors ?

Si vous avez lu mes différents articles sur l’immobilier, vous savez que sur Mes Finances, je n’envisage pas l’investissement immobilier autrement que par la recherche d’une bonne affaire qui doit vous rapporter davantage qu’elle ne vous coûte en mensualité de crédit.

Si vous respectez ce principe, qu’avez-vous à craindre ? Même si la valeur de votre bien est divisée par 2, vous continuerez à encaisser un loyer qui s’indexera au fil des ans sur l’inflation et vous rapportera de plus en plus d’argent.

Une fois le crédit totalement remboursé (un brin de patience est requis), vous pourrez enfin devenir rentier. Vous n’êtes donc jamais exposé aux fluctuations du marché, et c’est tant mieux.

4. Votre meilleur actif, c’est vous !

Vous n’êtes pas inspiré par ce contexte peu reluisant ? Qu’à cela ne tienne, peut être est-ce le moment d’investir dans l’actif que vous contrôlez le mieux : vous-même.

Vous souhaitez en savoir plus sur pour mieux gérer vos finances personnelles ou vos investissements, inscrivez-vous à des séminaires ! Le temps que les choses se tassent, vous reviendrez plus fort sur le terrain de jeu de vos finances.

Vous avez toujours rêvé de vous réorienter, de suivre une formation pour faire le métier de vos rêves, de créer votre entreprise : lancez-vous !

Le succès n’est certes jamais garanti mais après tout, n’est-on jamais aussi bien servi que par soi-même ?

Votre avis

Et vous, que pensez-vous de tout cela ? Quelle est votre stratégie d’investissement actuellement ?

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6 Commentaires + Ajouter un Commentaire

  • Je partage partiellement ton avis.

    – Pour les actions je ne vendrais pas tout mais seulement les titres les plus volatils et des sociétés ayant les reins les moins solides. N’oublions pas que nous venons de traverser en une dizaine d’années de gros marchés baissiers. La performance des actions sur cette période est négative pour la plupart des marchés (sauf pour ceux qui ont vécu sous la perfusion de la planche à billets et au prix d’une dévalorisation de leur monnaie… suivez mon regard… donc même résultat). Même si le marché est dans l’ensemble trop cher par rapport aux fondamentaux, on y trouve donc des sociétés de très bonne facture (blue chips) à prix tout à fait abordable, qu’il serait préjudiciable de vendre.

    – Garder du cash effectivement car il va y avoir de jolies opportunités ces prochains mois.

    – Pour l’or, je n’y ai jamais été favorable, en tout cas pas en le considérant comme un placement. Par contre en tant qu’assurance sur ses autres placements, alors ok, c’est une bonne manière d’assurer ses arrières, pour autant que la proportion d’or par rapport au reste des actifs reste modeste.

    – Ok pour les placements immobiliers, même si je ne connais pas le contexte de l’Ile de France. En fait c’est comme pour les actions, le marché peut être pourri ou surévalué, ce n’est pas pour autant qu’il n’y a pas de bonnes opportunités, il y en a juste moins, et il faut donc travailler un peu plus pour les trouver.

    – tu ne parles pas des obligations, quant à moi j’en ai liquidé une bonne partie (taux historiquement bas et inflation à venir) pour faire du cash justement

    • Salut Chroom,

      Merci pour ton commentaire.

      Effectivement, nous sommes sensiblement sur la même longueur d’onde.

      Pour les actions, il faut bien sûr faire la part des choses et arbitrer au sein de son portefeuille. Je suis d’accord avec toi sur le fait qu’il y a déjà à l’heure actuelle des sociétés à prix abordable. Après, tout est question de market timing. En ce qui me concerne, je pense que les marchés vont encore baisser avant de se reprendre progressivement. Il me parait donc plus judicieux d’attendre encore un peu avant de (re)faire son marché.

      Pour les obligations, il y a également des arbitrages à faire. Même raisonnement que pour les actions, il ne faut sans doute pas tout vendre de manière indifférenciée. Pour ma part, J’en ai conservé certaines car convertibles. Pour ce qui est des obligations « classiques », il est effectivement plus judicieux de repasser en cash en prévision de l’inflation et des soldes des mois à venir sur les marchés actions.

  • Bonjour,

    Pour moi, je suis sur des fonds de placement classique, l’immobilier mais surtout sur MOI :)
    Je suis à mon compte, je bosse donc beaucoup pour moi, je me forme le plus possible pour être le plus vite possible indépendant financièrement :)

  • Bonjour
    Je me présente rapidement: j’ai 37 ans, parisien d’adoption depuis 8 ans, je bosse dans un grand groupe français dans les systèmes d’information. J’ai été actif en bourse il y a quelques années, activité que j’ai totalement abandonnée aujourd’hui, par manque de temps mais avant tout par défiance devant le mécanisme même de la spéculation court terme.
    J’ai découvert ton blog en recherchant des info sur la financiarisation exacerbée et des réflexions sur sa régulation (souhaitable ?)

    Je trouve intéressant que tu finisses ton post en employant le terme de stratégie « d’investissement », que j’oppose à celui de spéculation.
    à ce propos, que penses tu du débat actuel concernant la régulation de la finance mondiale ? (cf interdiction des ventes à découvert dans certains pays (mais que la GB refuse…), encadrement des agences de notation, dont les anticipations deviennent auto-réalisatrices)
    j’ai envie de me placer sur le fond : je me demande bien quelle est l’utilité sociale de la spéculation à très court terme (day trading, swing trading, scalping etc..) ? où est la création de valeur (pour la société dans laquelle on vit) dans l’action de jouer sur une valeur, un indice, en l’achetant/revendant 50 fois dans le même journée ? à part enrichir artificiellement des traders et leur employeurs les banques ?
    L’investissement en bourse m’apparait utile et nécessaire lorsqu’il concourt à son but premier: apporter un financement à une entreprise pour lui permettre de se développer. Investir dans un boite, c’est parier sur son potentiel à long terme. Cela implique d’en détenir les titres plusieurs années. Je considère donc qu’acheter une action pour la revendre quelques minutes (ou même jours) plus tard devrait être pénalisé fiscalement, pour rendre une telle opération moins attractive, car son utilité sociale apparait trop faible.

    Concernant l’immobilier, tu écris « je n’envisage pas l’investissement immobilier autrement que par la recherche d’une bonne affaire qui doit vous rapporter davantage qu’elle ne vous coûte en mensualité de crédit »
    soit, on ne peut qu’être d’accord, c’est bien le rêve de chacun que de trouver un ignorant prêt a brader son bien à un niveau tel qu’il devient possible de le faire financer à 100% par son locataire, voir, rêve suprême, que le loyer soit supérieur à la mensualité. Après y a plus qu’à trouver un locataire solvable et ça tourne tout seul ! une vraie martingale …
    le seul problème reste que trouver un tel bien reste extrêmement difficile et que le dénicher demande un investissement en temps énorme: il faudra éplucher les annonces en passant des heures sur le web, passer des dizaines d’appels, se déplacer partout, frapper aux portes pour trouver l’info que les autres n’ont pas encore (« untel pense vendre mais hésite encore allez le voir de ma part »), se lancer dans des travaux qu’il va falloir suivre et dont il faudra gérer les inévitables aléas, bref c’est un vrai métier. Je ne vois pas trop comment une personne qui bosse déja à temps plein peut espérer dégager à lui tout seul suffisamment de temps pour réussir une telle opération.

    • Salut Maxime,

      Merci pour ce long et intéressant commentaire.

      Je partage complètement ton point de vue sur le rôle que devrait jouer la bourse comme lieu d’échanges et moteur de l’économie. Pour paraphraser Christine Lagarde, je pense que « la finance devrait servir les autres avant de se servir elle-même ». Car cette dernière a un vrai rôle à jouer en matière de création de valeur quand elle vient en soutien de l’économie réelle.

      Pour ce qui est de la VAD, je pense que c’est une bonne décision de l’interdire en contexte de forte volatilité sur les marchés mais que ce n’est pas suffisant. En ce qui me concerne, tout comme les autres formes de spéculation, je trouve qu’elle symbolise assez bien l’égoisme et l’irresponsabilité au détriment du collectif et de la création de valeur de long terme. J’ai du mal à imaginer également quel rôle bénéfique peut être le sien en matière d’utilité sociale et j’espère bien qu’elle sera un jour interdite complètement ou du moins beaucoup mieux contrôlée.

      Pour les agences de notation, je pense qu’elles ont au moins eu le mérite de porter le débat sur l’endettement des Etats sur la place publique. A force de nous prendre pour des truffes en parlant de « restructuration lente, douce,etc. », ça devenait pesant. Peut être que la forme n’était pas bonne, mais quand je vois les chefs d’Etat jouer les vierges effarouchées alors que ça fait des années qu’on nous endort, franchement j’ai quand même le sentiment que c’est le bal de l’hypocrisie…

      Pour l’immobilier, il est vrai que la recherche de la bonne affaire peut être chronophage. Après, tout est question de temps, de moyens et de calcul de rentabilité. 2 exemples : Exemple 1 : j’ai des amis qui viennent d’acheter un immeuble en SCI. Cash flow positif (mensualités de prêt – revenus locatifs – charges diverses). MAIS temps de recherche : 2 ans ! Long sans doute, mais leur retraite est assurée. Exemple 2 : Tu as la solution dans le résumé de Comment je suis devenue rentière en 4 ans d’Elise Franck : http://www.mes-finances-mode-demploi.fr/investir-2/investir-dans-limmobilier/comment-je-suis-devenue-rentiere-en-4-ans/ que j’ai publié sur le blog. Tu peux faire appel à un chasseur d’appartements. Ta rentabilité sera moindre, mais tu ne perds pas de temps en recherche et généralement le chasseur te propose aussi de superviser les travaux si besoin. Au global, tu restes gagnant du moment que tu ne perds pas de vue l’objectif de génération de cash flow positif.

      A bientôt sur le blog !

      • bonjour,

        j’ai découvert ce site très récemment et je trouve les posts très intéressants. notamment ceux sur l’immobilier, secteur que je connais très mal.
        je pense à ce propos investir dans un local commercial sur paris, par soucis de diversification d’actifs. les prix concernant l’immobilier d’habitation étant inaccessibles pour moi dans la capitale. (je souhaite louer pas loin de mon domicile)

        sinon, je connais un peu mieux la bourse, en ce qui concerne les comm’s sur la vad, je pense que l’interdiction sur les bancaires est doublement inutile.
        d’une part , ça n’empêche pas la baisse des cours si les titres sont pourries. au contraire, c’est un signal fort pour les marchés, qu’il y a effectivement des actifs pourris..
        d’autre part, ça accentue la baisse puisque la vad oblige les vadeurs à acheter à un moment ou un autre.. ce qui un moment donné fait remonter les cours .
        c’est d’ailleurs son intérêt. permettre au cours de remonter et ainsi éviter une chute vers zéro..

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